Histoires de redémarrage

L'entreprise qui pensait avoir des sauvegardes.

Histoire vraie, anonymisée. Quarante-deux jours pour redémarrer, et personne n'avait menti.

23 mai 2026 · 5 min de lecture

Une PME industrielle romande, 90 collaborateurs. Sauvegardes en place depuis des années. Le contrat signé, les rapports envoyés chaque semaine. Le jour de l'incident, tout le monde dit la vérité. Et personne ne peut redémarrer.

L'entreprise existe. Le secteur, je le change. Les chiffres, je les arrondis.

PME industrielle, 90 collaborateurs, en Suisse romande. Un incident un vendredi soir. Le lundi matin, on regarde l'étendue.

Ce qu'on croyait avoir

  • Un contrat de sauvegarde, signé en 2019.
  • Un rapport hebdomadaire, reçu par email.
  • Une copie off-site mentionnée dans le contrat.
  • Un prestataire de confiance, jamais remis en question.

Tout est vrai. Tout est sincère. Et tout est insuffisant.

Ce qu'on découvre, le mardi

  • Les sauvegardes existent. Elles sont à jour.
  • Mais la restauration n'a jamais été testée en grandeur réelle.
  • Le format de restauration ne correspond plus à la version actuelle de l'ERP.
  • La copie off-site est sur le même réseau logique.

Personne n'a menti. Personne n'avait posé la question dans les bons termes.

Quarante-deux jours

La remise en service complète a pris quarante-deux jours. Pendant ce temps, l'entreprise a tourné en mode dégradé. Quelques clients sont partis. Quelques fournisseurs ont demandé du cash. Le compte d'exploitation a porté la trace de cet incident pendant trois exercices.

La sauvegarde est une fonction technique. Le redémarrage est une capacité organisationnelle.

La leçon

La direction ne doit pas savoir comment on sauvegarde. Elle doit savoir combien de temps il faut pour redémarrer, et avec quelle perte de données acceptée. Le reste est l'affaire du prestataire.